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Jésus Est...

Qu’est-ce que le pardon ?

Le 18/06/2026 0

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Attitude traduisant la capacité du coeur à tenir une offense pour non avenue, à renoncer à en tirer vengeance et à privilégier l’amour sur la revanche.
Le pardon est une exigence chrétienne. Cette réalité est tellement centrale pour la foi chrétienne qu’il existe dans l’Eglise pour les catholiques, les orthodoxes et les anglicans, le sacrement de pénitence et de réconciliation qui permet de pardonner les péchés. Le pardon fait partie de la prière du Notre Père (Mt 6. 9-13), et de la profession de foi catholique, le credo. Dans l’évangile on voit souvent le Christ pardonner ou rappeler l’importance du pardon : la pécheresse (Luc 7 ; 36-50), la parabole de l’enfant prodigue (Luc 15, 11-32), Jésus sur la Croix (Luc 23 ; 34).

 

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » Jésus, dans la prière du Notre Père qu’il enseigne à ses apôtres, délivre une des valeurs fondamentales du christianisme : le pardon. Que signifie-t-il ? Comment pardonner à celui qui nous a fait du mal ?


Qu’est-ce que le pardon ?

Alors qu’il vient d’être mis sur la croix, Jésus prononce les mots suivants : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Le Christ souffrant implore Dieu de sa miséricorde envers ses bourreaux. Mais comment peut-il pardonner l’impardonnable ? Jésus montre à ses fidèles un chemin de conversion qui réconcilie le pécheur à Dieu, même lorsqu’est commis l’irréparable. 

 

Le pardon dans les Évangiles

Dans les Évangiles, plusieurs passages évoquent la notion du pardon. Nous vous proposons d’en revisiter trois. 


La parabole du Fils prodigue (Luc 15, 11-32)

Jésus raconte qu’un homme a deux fils et que son cadet, ayant réclamé sa part d’héritage, s’éloigne et part découvrir le monde. Il se retrouve vite à court d’argent et se fait embaucher auprès d’un propriétaire terrien, très dur. Il se met alors à avoir des regrets et décide de retourner chez son père. Conscient des torts qu’il a causés, il dit à ce dernier « Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne mérite plus d’être considéré comme ton fils… » Mais le père, qui n’a jamais cessé de l’aimer et de l’attendre, trop heureux du retour de son cadet, s’exclame « Nous allons faire un grand festin et nous réjouir, car voici, mon fils était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et je l’ai retrouvé. »

Cette parabole illustre l’amour infini du Père pour ses enfants et célèbre le retour de ces derniers, lorsqu’ils reconnaissent le lien primordial, originel, qui les unit à Dieu. La parabole du Fils prodigue enseigne la réconciliation qui prévaut toujours chez ceux qui réparent en conscience leur relation à Dieu.


Jésus et la femme adultère (Jean 8, 1-11)

Dans cet épisode de l’Évangile selon Luc, des Pharisiens et des scribes amènent une femme accusée d’adultère devant Jésus et demandent si celle-ci doit, selon la loi, être lapidée ou non. Jésus leur répond « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »
 
Ici, Jésus fait appel à la conscience de chacun. Il dénonce l’hypocrisie des accusateurs et leur prétention à exercer eux-mêmes la justice de Dieu. Pour Jésus, le péché n’est pas synonyme d’infraction à la loi ou de faute commise entre les hommes. C'est une rupture d’amour, envers Dieu et envers les autres. Il appelle ainsi ces personnes à sortir de leur colère et à adopter un regard de miséricorde pour ceux qui ont pu faire du mal. Il montre qu’un avenir est encore possible à partir du moment où, conscient du tort commis et des erreurs passées, la puissance du lien est reconnue et retrouvée.

 

Pardonner jusqu’à soixante-dix fois sept fois (Matthieu 18, 21-22)

« Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui demanda : Seigneur, si mon frère se rend coupable à mon égard, combien de fois devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? – Non, lui répondit Jésus, je ne te dis pas d’aller jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »
Combien de fois pouvons-nous pardonner ? Jésus répond soixante-dix-sept fois, soit dans la symbolique biblique, à l’infini ! En effet, le chiffre 7 évoque dans la Bible l’idée de perfection, donc Dieu. Pardonner soixante-dix fois sept fois, c'est donc établir l’acte du pardon comme quelque chose de divin et d’infini. Dieu nous accueille et nous aime inconditionnellement : nous devons faire de même, entre nous. Nous devons accepter l’autre dans tout ce qu’il est, dans ce qu’il fait de bien mais aussi dans ce qu’il fait de mal. Là réside tout le sens de l’amour et du pardon chrétien. 
 
Le pardon peut ainsi être considéré comme un chemin qui nous ramène dans la relation à Dieu et à l’autre. Le donner ou l’obtenir suppose un élan d’amour, une reconnaissance avec humilité de son humanité dans toutes ses dimensions, et recèle d’un certain pouvoir de réparation d’une relation qui a été brisée. Le pardon, qui se vit dans l’Église par le sacrement de la réconciliation, est donc une invitation à communier de nouveau avec Dieu et avec nos frères. 

(Le Jour du Seigneur)

 

 

Le pardon : ce que dit le Catéchisme de l'Eglise catholique

 

Le pardon est notamment abordé dans l’article 10 (« Je crois au pardon des péchés ») de la deuxième section (« La profession de la foi chrétienne, Les symboles de la foi ») de la première partie (« La profession de la foi ») du Catéchisme de l'Eglise catholique. Découvrez donc les principales questions et réponses autour du pardon à partir du Catéchisme. A la fin de cette lecture sur le pardon, nous vous invitons à découvrir d’autres grandes questions de la vie chrétienne.

 

Le baptême : premier sacrement du pardon des péchés

Un seul baptême pour le pardon des péchés englobe les numéros 977 à 980 du Catéchisme de l'Eglise catholique.

Nous pouvons notamment retenir que :

« Le baptême est le premier et principal sacrement du pardon des péchés parce qu’il nous unit au Christ mort pour nos péchés, ressuscité pour notre justification, afin que " nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle " » ( n° 977).

« Au moment où nous faisons notre première profession de foi, en recevant le baptême qui nous purifie, le pardon que nous recevons est si plein et si entier, qu’il ne nous reste absolument rien à effacer, soit de la faute originelle, soit des fautes commises par notre volonté propre, ni aucune peine à subir pour les expier (...). Mais néanmoins la grâce du baptême ne délivre personne de toutes les infirmités de la nature. Au contraire nous avons encore à combattre les mouvements de la concupiscence qui ne cessent de nous porter au mal " » ( n° 978)

L’importance que l’Eglise puisse « pardonner leurs fautes à tous les pénitents, quand même ils auraient péché jusqu’au dernier moment de leur vie » ( n° 979)

« C’est par le sacrement de pénitence que le baptisé peut être réconcilié avec Dieu et avec l’Église. ». De plus, ce sacrement « est, pour ceux qui sont tombés après le baptême, nécessaire au salut, comme l’est le baptême lui-même pour ceux qui ne sont pas encore régénérés » (n° 980)

 

Le sacrement de réconciliation : recevoir le pardon après le baptême

Après le baptême, le pardon des péchés passe principalement par le sacrement de réconciliation.

Ce sacrement permet au pénitent de pardonner ses péchés, et donc de se réconcilier avec Dieu et avec l’Église. Il procure la paix et la joie et l'accroissement des forces spirituelles pour le combat.

 

Est-ce que tous les péchés peuvent être pardonnés ?

Le numéro 982 Catéchisme de l’Eglise catholique précise : “Il n’y a aucune faute, aussi grave soit-elle, que la Sainte Église ne puisse remettre." Il n’est personne, si méchant et si coupable qu’il soit, qui ne doive espérer avec assurance son pardon, pourvu que son repentir soit sincère " (Catech. R. 1, 11, 5). Le Christ qui est mort pour tous les hommes, veut que, dans son Église, les portes du pardon soient toujours ouvertes à quiconque revient du péché (cf. Mt 18,21-22). » ( n° 982). 

Une exception : Cependant, le péché (ou le blasphème) contre l’Esprit Saint n’est pas remis : « Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas remis » (n° 1864).

 

L’Église : signe et instrument du pardon et de la réconciliation

Adoration 13L’Église est le signe et l'instrument du pardon et de la réconciliation notamment par le sacrement de la réconciliation, c’est ce que nous dit le numéro 1442 : « Le Christ a voulu que son Église soit tout entière, dans sa prière, sa vie et son agir, le signe et l'instrument du pardon et de la réconciliation qu'Il nous a acquis au prix de son sang. Il a cependant confié l'exercice du pouvoir d'absolution au ministère apostolique. Celui-ci est chargé du « ministère de la réconciliation » (2 Co 5, 18). L'apôtre est envoyé « au nom du Christ », et « c'est Dieu lui-même » qui, à travers lui, exhorte et supplie : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). » ( n° 1442).

 

Le pardon exige un repentir sincère

Le numéro 982 du Catéchisme nous dit : « Il n’est personne, si méchant et si coupable qu’il soit, qui ne doive espérer avec assurance son pardon, pourvu que son repentir soit sincère » ( n° 982)

 

Le pardon : sommet de la prière chrétienne

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés », constitue la cinquième demande de la prière du Notre Père.

« La cinquième demande implore pour nos offenses la miséricorde de Dieu, laquelle ne peut pénétrer dans notre cœur que si nous avons su pardonner à nos ennemis, à l'exemple et avec l'aide du Christ. » ( n° 2862)

« La prière chrétienne va jusqu'au pardon des ennemis. Elle transfigure le disciple en le configurant à son Maître. Le pardon est un sommet de la prière chrétienne ; le don de la prière ne peut être reçu que dans un cœur accordé à la compassion divine. Le pardon témoigne aussi que, dans notre monde, l'amour est plus fort que le péché. Les martyrs, d'hier et d'aujourd'hui, portent ce témoignage de Jésus. Le pardon est la condition fondamentale de la Réconciliation, des enfants de Dieu avec leur Père et des hommes entre eux. » ( n° 2844). 

 

(Hozana)

 

Peut-on pardonner si on ne nous a pas demandé pardon ?

 

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